samedi 7 septembre 2013

Le bonheur conjugal - Tahar Ben Jelloun


Et quel bonheur ! A la fin de cette lecture, j'ai eu envie de plonger le nez dans un bon chick-litt qui me fera croire de nouveau que le bonheur conjugal existe vraiment, qu'il est possible, que deux êtres peuvent tomber follement amoureux, vivre des moments magiques et être heureux ensemble jusqu'à la fin de leurs jours ! 

Mais n'allons pas trop vite et commençons par le commencement. 

Tout d'abord, notons que c'est mon premier Tahar Ben Jelloun et ceci est son dernier livre paru en 2012 chez Gallimard. Depuis le temps que j'entends tout le monde le citer autour de moi, il était temps que je m'y mette. Cet écrivain est un must dans la littérature marocaine, et membre de l'Académie Goncourt, rien que ça.

J'ai tout de suite été agréablement surprise par la plume de l'auteur, poétique, métaphorique et donc créative, comme je les aime. J'ai tout de suite été séduite et compris que celle-ci allait être une bonne lecture. 

Pourtant cette lecture n'a pas été facile... si une chose est sûre c'est que je n'oublierai jamais ce livre. Jamais. A moins de devenir amnésique et de couper toute une période de ma vie, parce que désormais il en fait partie. 

Ce livre m'a trop parlé, je m'y suis retrouvée, j'y ai reconnu plusieurs réalités auxquelles je ne voulais pas croire, il m'a fait mal, il m'a mise dans un état de grande colère et si l'objectif de Tahar Ben Jelloun est de nous secouer et nous faire réagir, c'est réussi !

Le bonheur conjugal est l'histoire d'un mariage malheureux. Non, cet adjectif est trop doux pour l'alchimie qui opère entre nos deux tourtereaux. Reprenons. Le bonheur conjugal est l'histoire d'un mariage qui n'a rien d'un conte de fée.

C'est l'histoire d'un mariage mouvementé, où l'amour est un gros mensonge auquel personne ne croit, une grosse blague qui ne fait rire personne, et où l'amour est un vague souvenir à tel point qu'ils se demandent si leurs deux premières années de mariage, heureuses et amoureuses, ont bien eu lieu ou si ce n'était qu'un pur produit de leur imagination. A tel point qu'à la fin ils se demandent s'ils se sont jamais aimés vraiment.

Ce roman est l'histoire du mariage d'un artiste célèbre, originaire d'une famille distinguée, avec une fille plus jeune de 15 ans (si je me souviens bien), issue d'une famille campagnarde très modeste. Tout les sépare, mais l'amour rend aveugle et ils vont le regretter amèrement plus tôt qu'ils ne le pensent.

Ce roman nous montre l'enfer auquel peut tourner un mariage quand il n'y a pas de bases solides sur lesquelles il reposerait : l'amour et le respect. J'ajouterai même une complicité intellectuelle et sexuelle.

Ces deux époux ne feront que se déchirer mutuellement durant de longues années. Adultère, disputes violentes, mensonges, rage et dégoût... c'est tout ce qui régira leur vie commune pendant plus d'une décennie. Et durant mes longues heures de lecture, ma question existentielle ne me quittait pas : Pourquoi ne divorcent-ils pas b***** de m**** ????!

Mais apparemment le divorce n'existe pas au Maroc. On préfère mille fois être malheureux et rater sa vie plutôt que divorcer. Comme si c'était un grand péché.  
"Ils savaient qu'il ne me rendait pas heureuse, mais chez nous, on ne divorce pas, c'est une tradition."
Cette histoire se déroule quand même en 2003, aujourd'hui, 10 ans plus tard, j'ose croire que ce schéma de pensée est moins courant.

70% du roman est raconté du point de vue du mari, les 30% restant sont narrés du point de vue de la femme. J'ai trouvé cette approche intéressante, moi qui aime toujours avoir différents points de vue d'une même histoire.

Concernant les personnages, inutile de dire que je n'en ai apprécié aucun. 

J'ai aimé en revanche le style de Tahar Ben Jelloun, si je pouvais souligner mes passages préférés, pas moins de la moitié du roman y serait passée, et j'adore ce genre de livres ! 

Pour conclure, je suis ravie de cette lecture que je recommanderai certainement, d'autant plus que ce roman se lit très vite, même si ce n'est pas le livre le plus optimiste ou rêveur qui soit, comme nous le démontre ce dernier extrait :
"Les hommes sont tous des salauds et des lâches, lui dit-elle. Si tu ne les tiens pas, ils te feront les pires misères. Le mariage n'est rien d'autre qu'une déclaration de guerre célébrée en musique, avec de la bonne nourriture, des parfums, des encens, des beaux habits, des promesses, des chants, etc."
Charmant. 

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour je découvre votre blog car je suis en pleine lecture de ce livre justement...et j'adore ! Je vous conseil au passage du même auteur :"le dernier ami"...même principe et vraiment très bien !

Hajar a dit…

Je note, merci :)

Hanane Afoukass a dit…

Tahar ben Jelloun est un très bon écrivain oui, j'ai lu son roman et je le trouve magnifique, sauf si tu lis le Scaphandre et le Papillon de Jean-Dominique Bauby, tu serais étonné du plagiat qui s'y trouve! On dirait que Tahar ben Jelloun a pris l'histoire tel qu'elle est et n'a fait que l'écrire avec son expression.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...