samedi 27 avril 2013

Fahrenheit 451 - Ray Bradbury


J'ai lu quelques dystopies depuis l'année dernière, et jusqu'à aujourd'hui une chose est sûre, les dystopies classiques sont les meilleures !

Fahrenheit 451 en fait partie, ce classique science-fiction publié en 1953 a commencé à m'intéresser depuis que son auteur est décédé, et que j'ai lu quelques articles à son sujet ici et là, j'avoue. Même si j'en entendais parler depuis longtemps, il ne m'a jamais attirée mais aujourd'hui je suis contente de l'avoir lu.

La préface écrite par Jacques Chambon est magnifique : Il y est aussi et surtout question de l'impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les "informations" télévisée. Car, comme le dit ailleurs Bradbury, "il y a plus d'une façon de brûler un livre", l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.

Comprenez bien que dès la lecture de cette préface, je sentais déjà le coup de cœur venir et elle me faisait déjà beaucoup penser à 1984, de George Orwell, mais les choses ne se sont pas passées exactement comme ça.

Fahrenheit 451 est un roman plutôt court (234 pages), un peu dense parfois, sombre et surtout visionnaire. Son titre représente la température à laquelle un livre brûle, et c'est bien l'élément principal du monde imaginé par Ray Bradbury. 

Imaginez un monde où les livres deviennent interdits, un monde où le métier de pompier consiste à brûler les livres, les bibliothèques, les maisons contenant au moins un livre et même son propriétaire. Un pompier est sensé éteindre le feu dîtes-vous ? Huh, foutaises !

Imaginez un monde où se balader dans la rue devient interdit, un monde où rouler à moins de 150km/h n'est pas autorisé, un monde où les murs de la salle à manger sont remplacés par des écrans géants transmettant des séries télé et des émissions où les personnages interagissent avec vous, répondent à vos questions et rient à vos blagues. Ils semblent tellement réels, que vous les appelez "famille", ils sont votre "famille" désormais, c'est avec eux que vous passez le plus clair de votre temps, le monde autour de vous n'existe plus, et vous ne vivez plus que dans votre monde virtuel.

Ray Bradbury a imaginé un monde où la poésie est considérée comme une malédiction, tant elle nous fait pleurer et remue nos sentiments. Les poèmes sont le mal. Les essais philosophiques sont un charabia que nul ne comprend. Les romans sont une perte de temps dans des mondes qui n'existent pas. 

Le silence est interdit... réfléchir est devenu interdit.

J'ai adoré comment il a tissé cet univers et à quel point il a poussé la réflexion vraiment loin. C'est un très bon livre, à lire au moins une fois, sans aucun doute.

Complément de mon avis en vidéo


6 commentaires:

surletagere2 a dit…

J'ai adoré ce livre, je le relis régulièrement!

Jade a dit…

Je n'ai lu qu'un livre de cet auteur, il y a des années, et j'avais beaucoup aimé : "L'homme illustré" donc je te le conseille !
Et tu me donnes envie de lire celui-ci :D

Hajar a dit…

Tiens, je ne le connaissais pas celui-là, je note !

Audrey a dit…

J'ai toujours hésité à me lancer dans cette oeuvre. Il a fallu ta chronique pour me décider une bonne fois pour toute ! Merci :)

Yafelman a dit…

J'ai lu et relu ce livre. L'idée des hommes-livres et de résistance est très forte. Et si chacun de nous apprend un poème par cœur ?

julia a dit…

J'avais un peu peur de me lancer dans ce grand livre...Et pourtant...Quelle magnifique lecture ! Je te rejoins dans tout ce que tu en dis.

"il y a plus d'une façon de brûler un livre", l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.

J'ai trouvé cette idée tellement intéressante et terrible à la fois ! Un coup de maître...

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