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lundi 27 octobre 2014

La Liste - Naima Lahbil Tagemouati


Le dernier livre de la sélection du "Prix Littéraire de la Mamounia" que j'ai lu jusqu'au bout... enfin presque, puisque je l'ai abandonné à quelques pages de la fin.

Une histoire d'un couple casablancais de classe moyenne, le mari est un cadre (ou fonctionnaire ?) et sa femme est professeur dans une école (collège/lycée ??)... Il a pour projet d'éliminer le(s) bidonville(s) de Casablanca et de proposer des logements économiques à une partie de la population... les foyers restants ? C'est une autre histoire... La liste des heureux élus devient vite le principal sujet de conversation de cette communauté. 

Même si je ne me souviens plus de grand chose, je sais que ce livre m'avait apporté autre chose que les gémissements d'un énième auteur marocain, puisqu'il nous présente les coulisses de l'administration marocaine, comment les projets sont probablement gérés, le style de management si on peut l'appeler ainsi de certains "chefs". Comment des décisions très importantes sont prises et comment la peur et la menace restent les moyens souvent efficaces pour accélérer la concrétisation d'une mission... 

Et ceci est ma dernière chronique de romans marocains avant un bon moment, sauf si je tombe sur des perles ou si je choisis des livres suivant mon instinct, qui ne sont pas forcément très médiatisés et qui pourraient se révéler bons... espérons.

lundi 22 septembre 2014

Nos plus beaux jours - Moha Souag


Les chroniques en ce moment sont un calvaire, ça n'a aucun goût et je n'y prends aucun plaisir mais après une brève hésitation j'ai décidé de donner mon avis quand même, alors allons-y.

Ce livre faisait aussi partie de la sélection des livres qui prétendaient au Prix Littéraire de la Mamounia, si je devais en avoir un préféré je crois que ce serait celui-la, même si "préféré" est un bien grand mot dans ce cas.

C'est l'histoire d'un journaliste qui croise une femme artiste dans un train alors qu'il est en route pour interviewer une autre artiste... d'un autre genre. Cette longue nouvelle est en quelque sorte le portrait de ces deux femmes marocaines. La première a eu la chance de s'épanouir en exerçant son art à Paris, elle est même devenue professeur de danse classique si je me souviens bien... la seconde n'a jamais eu l'occasion de réaliser son rêve et a vécu dans la frustration du voeu non exaucé, pire, piétiné et méprisé. 

C'est l'histoire d'une femme qui a sacrifié sa vie pour vivre son rêve, du moins un tout petit peu, autant qu'elle le pourra... 

L'histoire est racontée d'une traite, 90 pages environ où il n'y a pas de chapitres, aucun moment où l'on peut reprendre notre souffle, non que le récit soit haletant... mais cette mise en forme me donnait envie d'en finir au plus vite à un moment.

La fin qui se voulait peut-être poétique est tombée comme un cheveu sur la soupe en ce qui me concerne. J'ai fini par m'ennuyer.

dimanche 21 septembre 2014

Le Job - Réda Dalil


Lauréat de cette 5ème édition du Prix Littéraire de la Mamounia finalement, ce livre nous parle d'un jeune casablancais, cadre financier dans une banque, qui se retrouve au chômage du jour au lendemain à cause de cette crise financière qui finit par atteindre notre pays, comme tous les autres.

À travers l'histoire nous suivons sa descente aux enfers, l'espoir des débuts, la situation prise à la légère parce qu'au fond on sait que tout finira par s'arranger... mais ça ne s'arrange pas. Nous suivons avec lui tout le processus de recrutement, la quête et les rares entretiens décrochés. On voit défiler les clichés, les préjugés, l'illusion des apparences... Et puis on sombre dans l'alcoolisme, la prostitution, l'histoire d'amour tirée par les cheveux... L'anti-héros devient pathétique et déprimant.

Si j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur au début, j'étais moins convaincue quelques chapitres plus tard. Il y a souvent une beauté et une intelligence dans les livres sombres... pas les livres déprimants. J'ai l'impression que tous les livres marocains finissent par couler dans le même océan. Ça finit toujours dans la prostitution, ou le terrorisme, ou le fanatisme... en tout cas rien de bien ambitieux ni créatif, encore moins surprenant ou instructif.

Certains faits ou informations inexacts croisés tout au long de ma lecture en ont fait un récit manquant de crédibilité à mes yeux. C'est dommage parce que la plume est là, mais il en faut plus qu'une belle plume pour écrire une oeuvre qui restera ancrée dans les mémoires et qui traversera les siècles à venir... 

lundi 1 septembre 2014

Prix Littéraire de la Mamounia - Édition 2014

Comme chaque année, est organisé Le Prix Littéraire de la Mamounia qui récompense le meilleur auteur marocain de l'année, et dont la 5ème édition aura lieu dans quelques jours, plus précisément le 20 septembre 2014.

Plusieurs auteurs internationaux de qualité font partie du jury comme Douglas Kennedy qui sera présent cette année encore, en plus des principaux magazines et supports médias littéraires francophones qui viennent des quatre coins du monde enrichir l'évènement ce jour-là.

Les 8 romans marocains en lice cette année sont : 



Ces trois romans auprès desquels je me suis arrêtée à chaque fois durant mes tournées en librairies sans jamais franchir le pas, ce sera désormais l'occasion de les découvrir enfin.



Trois romans que je ne connaissais pas du tout et que je suis bien curieuse de découvrir.


Et enfin les deux romans qui me font le plus envie dans cette liste et qui me semblent être très prometteurs... Mes avis sur cette belle liste arriveront très vite sur le blog !


Les gagnants des éditions précédentes :

lundi 16 septembre 2013

Amour Nomade - Youssouf Amine Elalamy


"Voici une histoire entièrement écrite avec de l’eau. Il faut la lire comme on boit du thé, à petites gorgées, pour en apprécier tout l’arôme et éviter de se brûler la langue. Elle commence avec des hommes qui passent leurs vie à partir et se termine avec une femme qui assiste à sa propre naissance. Une jeune femme d’une grande beauté, avec une longue chevelure en soie et un nom parfumé. Dans cette histoire, il y aussi un vieillard qui ne meurt jamais, pas même vers la fin, quand les mots viennent à manquer. La première fois, on le rencontre assis sous un arbre qui change constamment de couleur et ne donne jamais les mêmes fruits."

Une fois n'est pas coutume, je reprends ici la 4ème de couverture du roman, parce que je l'ai trouvée magnifique. J'ai eu un coup de coeur pour cet extrait que je trouve très beau et magnifiquement bien écrit, pensé, imaginé...

En le lisant, il m'a tout de suite fait penser à un de mes auteurs préférés, Maxence Fermine, l'auteur de Neige. Je me suis alors dit que je venais de trouver mon livre préféré parmi ceux sélectionnés au Prix Littéraire de la Mamounia de cette année...

J'ai adoré le début du roman, mais plus on avançait et plus je déchantais... L'histoire devenait moins passionnante, il ne se passait pas grand chose, on faisait un peu du sur place. Je me suis un peu lassée.

Ce court roman pourrait tout aussi bien être placé dans la catégorie des contes ou encore des nouvelles. Comme le précise l'auteur dans une interview qu'on retrouve à la fin de son livre, les chapitres peuvent être lus séparément, sous forme de nouvelles, comme on peut lire le roman d'une façon "classique".

C'est un roman très abstrait, si vous cherchez de l'action, passez votre chemin. On y retrouve des nomades, une histoire d'amour, une histoire de deuil et beaucoup de poésie. J'ai eu l'impression d'assister à la peinture délicate d'une toile en direct.

J'ai passé un très bon moment de lecture, surtout au début. C'est un livre que je recommanderai certainement pour les amateurs du genre mais qui n'est finalement pas mon préféré parmi la sélection du Prix Littéraire de la Mamounia...

vendredi 13 septembre 2013

Infidèles - Abdellah Taia




Voici un livre que j'ai failli abandonner, même à quelques pages de la fin. Je crois que j'ai dû sauter certains passages ou les dernières pages... Bref !

Je suis restée mitigée tout au long de ma lecture, certains passages m'ont beaucoup plu, au point de les trouver extrêmement intelligents, alors que d'autres sonnaient trop creux... deux sentiments extrêmes qui ne m'ont presque pas quittée tout au long de ma lecture.

J'ai finalement pensé qu'Abdellah Taia avait du potentiel mais qui n'est pas encore totalement au point... par manque de maturité parfois. J'avais parfois l'impression d'avoir affaire à un adolescent rebelle, certaines provocations mal placées... entre autres.

J'ai trouvé ses pensées souvent inachevées, manquant cruellement de profondeur, non abouties... et c'est ce qui m'a dérangé et manqué le plus en lisant ce roman. J'avais l'impression qu'on tenait à chaque fois le début d'une idée intéressante, mais il n'allait jamais jusqu'au bout, du moins pas assez loin pour moi.

Pour l'histoire du roman, il s'agit de celle de Slima et de son fils Jallal. Slima est une prostituée.

Les sujets abordés dans ce roman sont : la prostitution, le sexe, la religion, l'Amour, la spiritualité, le terrorisme, un peu de politique aussi...

Ce n'est pas une lecture que je recommanderai spécialement parce que je me suis quand même beaucoup ennuyée. J'aurai au moins découvert la plume de cet auteur dont j'entends parler depuis un bout de temps !

dimanche 8 septembre 2013

Un amour fractal - Ghizlaine Chraibi


Une bonne bouffée d'air frais, malgré l'humour amer de l'auteur et le caractère très dur du sujet de ce roman. J'ai quand même bien ri et j'étais incapable de le déposer avant la fin, alors bon j'ai passé un bon moment quand même !

Ghizlaine Chraibi est une peintre avant d'être une auteur, la couverture de ce roman représente d'ailleurs une de ses toiles. J'aime beaucoup et je trouve que ça reflète bien l'esprit d'Un amour fractal. 

Ce roman est encore une fois une histoire de mariage où l'amour est absent. Si dans Le bonheur conjugal de Tahar Ben Jelloun, il était inexistant chez les deux époux, ici nous retrouvons une épouse amoureuse et... soumise. Ou plutôt qui essaie de faire fonctionner ce couple, quitte à se soumettre à la folie de son cher mari !

Ito, notre personnage principal est une femme intellectuelle, peintre, la trentaine, issue d'un certain rang, qui va épouser Momo Le Bo, un homme riche et beau, occupant un bon poste de Directeur dans une entreprise, après avoir cumulé quelques bons diplômes à l'étranger. Bienvenue dans une société où les apparences ont le dernier mot !

Avec beaucoup d'humour, Ghizlaine Chraibi dénonce l'absurdité du cauchemar que doit vivre la femme d'un macho. L'enfer qu'elle doit accepter comme une bénédiction, avec le sourire, chaque matin et chaque nuit. 

Momo Le Bo a beau avoir fait de grandes études, sa mentalité de l'homme des cavernes de l'an 1 est restée intacte ! La femme est l'esclave de l'homme, elle a été créée pour le servir, le nourrir et lui laver son lingue sale. Élever les enfants, faire le ménage, les courses... etc. la liste est longue. Evidemment, interdit de sortir, interdit de parler à d'autres hommes, ni même d'écouter du jazz (ça mène direct en enfer...!), et interdit d'allumer le chauffage, ça consomme trop d'argent...

"Je n'existe plus. Tellement surveillée. Plus jamais regardée. Transparente. Inodore. incolore. Pusillanime. Et dès que je veux prendre ma place en parlant, on me traite de névrosée, de folle, et me prie de fermer ma gueule qui n'est d'aucun intérêt."

Un amour fractal nous montre comment cette femme va vivre cette relation où elle n'est jamais respectée, souvent insultée, le tout présenté avec beaucoup d'humour et en allant jusqu'à caricaturer plusieurs scènes. Comme on dit chez nous, quand on a trop de problèmes, on préfère en rire. C'est un petit peu la philosophie de l'auteur dans ce roman.

Mon extrait préféré :
"Mais l'homme de ma vie, celui qui a révélé la femme en moi, ne m'a pas aimée. Il m'a révélée pour mieux me tuer. On ne tue pas le néant, on tue ce qui existe, il avait donc besoin de me révéler avant."
Et celui-là aussi :
"Celui qui a été l'homme de ma vie est atteint. Sa pathologie n'est pas soignable, et de toute façon je ne suis pas médecin.
Nous ne sommes pas condamnés à sauver les autres. Lorsque la manipulation et la perversité sont omniprésentes, prendre la fuite est un signe de grand courage, et surtout pas de lâcheté. Nous ne sommes alors soumis qu'à la pressante nécessité de nous mettre à l'abri."
J'adore.

samedi 7 septembre 2013

Le bonheur conjugal - Tahar Ben Jelloun


Et quel bonheur ! A la fin de cette lecture, j'ai eu envie de plonger le nez dans un bon chick-litt qui me fera croire de nouveau que le bonheur conjugal existe vraiment, qu'il est possible, que deux êtres peuvent tomber follement amoureux, vivre des moments magiques et être heureux ensemble jusqu'à la fin de leurs jours ! 

Mais n'allons pas trop vite et commençons par le commencement. 

Tout d'abord, notons que c'est mon premier Tahar Ben Jelloun et ceci est son dernier livre paru en 2012 chez Gallimard. Depuis le temps que j'entends tout le monde le citer autour de moi, il était temps que je m'y mette. Cet écrivain est un must dans la littérature marocaine, et membre de l'Académie Goncourt, rien que ça.

J'ai tout de suite été agréablement surprise par la plume de l'auteur, poétique, métaphorique et donc créative, comme je les aime. J'ai tout de suite été séduite et compris que celle-ci allait être une bonne lecture. 

Pourtant cette lecture n'a pas été facile... si une chose est sûre c'est que je n'oublierai jamais ce livre. Jamais. A moins de devenir amnésique et de couper toute une période de ma vie, parce que désormais il en fait partie. 

Ce livre m'a trop parlé, je m'y suis retrouvée, j'y ai reconnu plusieurs réalités auxquelles je ne voulais pas croire, il m'a fait mal, il m'a mise dans un état de grande colère et si l'objectif de Tahar Ben Jelloun est de nous secouer et nous faire réagir, c'est réussi !

Le bonheur conjugal est l'histoire d'un mariage malheureux. Non, cet adjectif est trop doux pour l'alchimie qui opère entre nos deux tourtereaux. Reprenons. Le bonheur conjugal est l'histoire d'un mariage qui n'a rien d'un conte de fée.

C'est l'histoire d'un mariage mouvementé, où l'amour est un gros mensonge auquel personne ne croit, une grosse blague qui ne fait rire personne, et où l'amour est un vague souvenir à tel point qu'ils se demandent si leurs deux premières années de mariage, heureuses et amoureuses, ont bien eu lieu ou si ce n'était qu'un pur produit de leur imagination. A tel point qu'à la fin ils se demandent s'ils se sont jamais aimés vraiment.

Ce roman est l'histoire du mariage d'un artiste célèbre, originaire d'une famille distinguée, avec une fille plus jeune de 15 ans (si je me souviens bien), issue d'une famille campagnarde très modeste. Tout les sépare, mais l'amour rend aveugle et ils vont le regretter amèrement plus tôt qu'ils ne le pensent.

Ce roman nous montre l'enfer auquel peut tourner un mariage quand il n'y a pas de bases solides sur lesquelles il reposerait : l'amour et le respect. J'ajouterai même une complicité intellectuelle et sexuelle.

Ces deux époux ne feront que se déchirer mutuellement durant de longues années. Adultère, disputes violentes, mensonges, rage et dégoût... c'est tout ce qui régira leur vie commune pendant plus d'une décennie. Et durant mes longues heures de lecture, ma question existentielle ne me quittait pas : Pourquoi ne divorcent-ils pas b***** de m**** ????!

Mais apparemment le divorce n'existe pas au Maroc. On préfère mille fois être malheureux et rater sa vie plutôt que divorcer. Comme si c'était un grand péché.  
"Ils savaient qu'il ne me rendait pas heureuse, mais chez nous, on ne divorce pas, c'est une tradition."
Cette histoire se déroule quand même en 2003, aujourd'hui, 10 ans plus tard, j'ose croire que ce schéma de pensée est moins courant.

70% du roman est raconté du point de vue du mari, les 30% restant sont narrés du point de vue de la femme. J'ai trouvé cette approche intéressante, moi qui aime toujours avoir différents points de vue d'une même histoire.

Concernant les personnages, inutile de dire que je n'en ai apprécié aucun. 

J'ai aimé en revanche le style de Tahar Ben Jelloun, si je pouvais souligner mes passages préférés, pas moins de la moitié du roman y serait passée, et j'adore ce genre de livres ! 

Pour conclure, je suis ravie de cette lecture que je recommanderai certainement, d'autant plus que ce roman se lit très vite, même si ce n'est pas le livre le plus optimiste ou rêveur qui soit, comme nous le démontre ce dernier extrait :
"Les hommes sont tous des salauds et des lâches, lui dit-elle. Si tu ne les tiens pas, ils te feront les pires misères. Le mariage n'est rien d'autre qu'une déclaration de guerre célébrée en musique, avec de la bonne nourriture, des parfums, des encens, des beaux habits, des promesses, des chants, etc."
Charmant. 

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