dimanche 23 février 2014

Le journal de mon père - Jirô Taniguchi


Voici un gros coup de cœur pour moi ! J'en attendais pas moins de Jirô Taniguchi même si je n'avais encore jamais lu ses mangas. Je n'entendais que du bien sur ses travaux, les sujets qu'il a choisi de traiter me touchaient déjà et ses dessins me parlaient à chaque fois que je m'arrêtais devant ses couvertures en librairie... Une belle histoire d'amour qui commence entre ses mangas et moi !

Cette édition est la version intégrale qui regroupe 3 tomes en 1. Une magnifique histoire, une belle leçon de vie et un récit poignant. 

L'histoire commence avec un coup de fil annonçant à notre personnage principal la mort de son père. Il devra retourner à sa ville natale pour assister aux funérailles... il n'y était pas retourné depuis plus de 10 ans... 

Durant la veillée funèbre, l'auteur se remémore son enfance et sa relation avec son père tout au long de sa vie... ou plutôt l'absence de relation... ce fossé qu'il a créé entre eux depuis son enfance... Il découvrira l'homme qu'a été véritablement son père à travers les récits et témoignages de ceux qui ont vécu auprès de lui... Il découvrira à quel point il s'était trompé sur cet homme qui a été tellement gentil et généreux et qui s'est véritablement sacrifié pour lui en silence... et qui l'a aimé plus que quiconque. 

Un récit très poignant, qui m'a fait pleurer de bon matin... L'auteur est un personnage très silencieux (comme moi), son père aussi... Leur relation était basée sur plein de non-dits, et l'enfant en fuyant son père, se rend compte enfin à quel point ils se ressemblent... J'ai beaucoup beaucoup aimé ce récit qui m'a fait prendre conscience de plusieurs choses et qui a anticipé sur des erreurs que j'aurai pu commettre. Ce manga m'a un peu sauvée la vie, il m'a sauvée de gros regrets que j'aurai pu avoir à un moment ou un autre de ma vie. 

Gros coup de cœur pour ce manga qui dorénavant a une grande valeur sentimentale pour moi et une grande place dans mon cœur. Le premier livre qui figurera dans mon best of 2014.

jeudi 20 février 2014

Monsieur Butterfly - Howard Buten

Howard Buten est un auteur que j'aime beaucoup. Quand j'avais cinq ans je m'ai tué est l'un des meilleurs livres que j'ai lus dans toute ma vie ! Ce roman-ci est différent... 

Howard Buten est un psychologue, spécialiste des enfants autistes. Ce roman nous parle aussi d'enfants à difficultés, sauf que cette fois-ci, il s'agit d'enfants atteints de maladies mentales... Le sujet est dur, la lecture aussi, elle est dérangeante et j'avais envie de déposer le livre à plusieurs reprises, préférant ne pas voir ça, comme lorsqu'on détourne le regard dans la rue, à la vue d'une quelconque "anomalie" dérangeante... Howard Buten nous impose cette réalité et nous force à la regarder droit dans les yeux et même plus que ça... il nous invite à plonger dans ses yeux, au fin fond de son âme... Je me sens encore un peu mal.

Ce livre est une sorte d'ovni, un peu comme tous les livres de cet auteur je suppose. Il a une façon d'écrire très spéciale, très... brute. 

Hoover Sears est un homme dont on ne connaît pas l'âge qui va adopter quatre enfants atteints de maladies mentales ou autre handicap. Mickey est atteint de maladie mentale et passe son temps à se masturber, en plus de rire au nez des gens et surtout devant son propre reflet dans le miroir... Ralph a six ans et il est mongolien. Harold n'a qu'une seule phrase sur les lèvres : va te faire foutre. Il la répète à longueur de journée et a été traumatisé par son père qui l'attachait au pied de son lit et le fouettait depuis son enfance... Tina est née avec une malformation au niveau des pieds, elle est condamnée à passer sa vie assise...

L'ambiance n'est pas très joyeuse, surtout qu'Hoover lui-même leur ressemble un peu... 

Heureusement que le livre fait 250 pages, sinon ça aurait été encore plus pénible. Le roman est bourré de réflexions, mais elles sont tout aussi étranges que l'atmosphère du livre lui-même. A lire si le sujet vous intéresse.

Glacé - Bernard Minier


Décidément les thrillers et moi, on devrait passer plus de temps ensemble. J'ai passé un très bon moment avec ce roman dont j'ai dévoré des centaines de pages sans sentir les heures passer ni les pages tourner ! Une intrigue captivante, des personnages convaincants, des idées intéressantes et un bon esprit critique de la part de l'auteur.

L'histoire commence dans les Pyrénées lorsque l'on découvre le corps d'un cheval sans tête, accroché en haut d'une montagne... Une enquête est ouverte, assez embarrassante à première vue, mais qui devient "plus sérieuse" lorsque d'autres meurtres vont suivre...

Ce que j'ai le plus aimé dans cette histoire c'est le fait qu'un psychopathe figure parmi les suspects, et pas n'importe quel psychopathe. En effet, à quelques kilomètres du lieu du meurtre, se situe un asile psychiatrique regroupant les psychopathes les plus dangereux d'Europe... J'ai adoré tous les passages nous parlant de ses "clients" ou "monstres", comme les appelait Bernard Minier, adoptant un ton qui ne manque pas d'ironie.

L'auteur profite de ce roman et se lâche aussi dans la critique de la société de consommation, le monde virtuel, la folie... etc. J'ai vraiment adoré, rien à dire ! Je le recommande c'est sûr.

Il y a une deuxième partie que je ne manquerait pas d'acheter, j'ai nommé... Le Cercle !

mercredi 19 février 2014

Garçon ou fille - Terence Blacker

Un roman jeunesse britannique un peu décalé, traitant du sujet de la "théorie du genre" chez les adolescents, d'une façon plutôt originale et captivante.

Le roman est écrit sous forme de journaux intimes de plusieurs personnages adolescents et adultes (plus d'une dizaine), il se dévore donc très rapidement et le changement d'angles de vue à chaque fois, nous évite de nous ennuyer.

Nous sommes en Angleterre, au sein de la famille de Matthew, jeune adolescent et fils unique. Sa famille est assez "différente" des autres, disons qu'elle n'adopte pas les codes sociaux les plus standardisés. En effet, son père est homme au foyer et sa mère travaille. 

Sam est le cousin de Matthew, il a le même age que lui et débarque des États-Unis. Sa mère est morte dans un accident de voiture, il se retrouve donc orphelin et est accueilli par la famille de Matt.

Dès le début, nous assistons à un choc culturel. Sam est plutôt bad boy et vulgaire et ne cesse de juger la famille et la bande d'amis de Matthew, qui lui en revanche est plutôt un garçon sans problèmes et sage.

Le jour où Sam se disputera avec la bande d'amis de Matthew, il se voit rejeté du groupe, après les avoir supplié de le réintégrer avec eux, ils ont accepté à une seule condition, qu'il accepte de relever le défi qu'ils allaient lui lancer. Passer une semaine déguisé en fille ! Ils ont appelé ce défi : Opération Samantha !

Sam accepte de relever le défi et se voit dès le premier jour pris au jeu... Il se plaît de plus en plus dans ce rôle, jusqu'à perdre ses repères. 
C'est une histoire qu'on lit rapidement mais qui n'est pas non plus aussi profonde qu'on pourrait s'y attendre. ça reste un roman jeunesse, adressé aux adolescents avant tout et qui ne pousse pas la réflexion bien loin. J'ai été un peu déçue par la fin, trop facile et lisse aussi mais j'ai néanmoins passé un bon moment dans l'ensemble.

Celle que je ne suis pas, tome 1 - Vanyda

Une bande dessinée dont j'avais beaucoup aimé la couverture qui me rappelait mes dessins animés d'enfance, et dont le titre m'inspirait aussi... C'est le premier tome d'une trilogie que j'étais heureuse de découvrir, mais qui finalement m'a déçue.

Je me suis beaucoup ennuyée et j'ai trouvé que ça ne menait nulle part même si je me suis quand même attachée un peu aux personnages. Les dessins m'ont ennuyée aussi donc... je ne lirai pas les tomes suivants évidemment.

Notre héroïne est à sa dernière année au collège, elle vit avec sa mère et est plutôt du genre réservé et secrète. Elle ne parle pas beaucoup et est secrètement amoureuse d'un jeune garçon de sa promotion.

Je n'ai pas retenu plus que ça de cette histoire, pourtant la date de sa lecture ne remonte pas à longtemps, c'est dire à quel point il n'y a pas de réelle intrigue ni réelle morale que l'on retrouve souvent dans les bandes dessinées et à laquelle on s'attend surtout quand on lit un tel titre sur la couverture... Dommage.

mardi 18 février 2014

Top Ten Tuesday - Les 10 livres que tout le monde a aimés sauf moi !

Voici le Top ten de cette semaine, organisé comme chaque mardi par Iani. Je vous présente donc les 10 livres qui ont souvent fait l'unanimité... mais pas pour moi !


1. Cinq Jours, Douglas Kennedy 

Le dernier Kennedy a été une grosse déception pour moi ! Pourtant il a été presque une révélation et une grosse claque pour bon nombre de lecteurs. J'en attendais donc beaucoup et pourtant je l'ai abandonné au bout de 90 pages, je me suis ennuyée et j'ai trouvé que le niveau des réflexions ne volait pas très haut...

2. Les âmes vagabondes, Stephenie Meyer
 
Pas pour moi... Trop long pour ce que c'est...

3. La liste de mes envies, Grégoire Delacourt

Un livre qui sonne creux pour moi, pourtant l'idée de départ était originale...

4. Et puis, Paulette... , Barbara Constantine

Un autre roman dont la couverture et le titre m'inspiraient... J'ai fini par l'abandonner sans même rencontrer la dite Paulette...

5. Sérum, d'Henri Loevenbruck & Fabrice Mazza

Une série policière à laquelle je n'ai malheureusement pas accroché, encore une fois je l'ai trouvée vide... Il faut croire que les réflexions des auteurs comptent plus pour moi que l'intrigue en elle-même !

6. Divergente, Veronica Roth

Si le premier tome avait été un coup de cœur, celui-ci a été une petite déception... Je l'ai trouvé plat et l'héroïne qui n'arrêtait pas de chialer n'a pas arrangé les choses.

7. Vivants (Warm bodies), Isaac Marion

Les zombies, ça n'a jamais été mon truc, pourtant celui-ci semblait différent et j'avais trouvé la bande annonce du film très drôle. Pourtant j'ai tout essayé, je l'ai lu en français puis un peu en VO, j'aimais bien quelques extraits mais je m'ennuyais la grande majorité du temps. Je n'arrivais pas à adhérer à cet univers de zombies... mon côté rationnel je suppose. Après je suis allée voir le film, et... je l'ai trouvé trop con. Bref.

8. Delirium, Lauren Oliver

J'avais sauté sur cette dystopie à sa sortie, mais si je lui ai accordé le bénéfice du doute au tome 1, le deuxième a été un gros flop. Une autre dystopie abandonnée...

9. Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Je n'ai pas été déçue à proprement dit, mais disons seulement que je l'ai trouvé... bof. Je ne l'ai pas trouvé aussi exceptionnel ni aussi émouvant et marquant que la plupart des lecteurs...

10. Cinquante nuances de Grey, E L James

Of course.

Le dilemme du Roi - Souleïman Bencheikh



Mon premier essai de l'année est l'une des dernières publications de Casa Express Éditions. Cet ouvrage d'environ 150 pages a été écrit par Souleïman Bencheikh, lauréat de Sciences-Po Paris puis de l’École Supérieure de Journalisme de Paris. Il est aujourd'hui journaliste indépendant, correspondant de L'Express à Casablanca et co-fondateur du magazine Zamane.

Je ne suis pas très friande de politique en général, encore moins d'Histoire. Pourtant ce livre regroupe ces deux grands thèmes et j'ai beaucoup apprécié ma lecture !

Parmi les principales questions abordées dans cet ouvrage, nous retrouvons celles-ci : Comment le roi Mohamed 6 arrive-t-il aujourd'hui à répondre aux attentes des différentes parties prenantes du pays entre modernistes et conservateurs ? Comment la monarchie marocaine a-t-elle réussi à survivre au Printemps Arabe ? Une monarchie ancienne de 13 siècles, rappelons-le... 

Ce que j'ai le plus apprécié dans cette lecture ce sont toutes les informations croustillantes que l'on y retrouve. L'auteur nous fait part d'un regard critique sur la situation politique au Maroc durant le règne de Mohamed 6 mais nous offre aussi un regard d'ensemble, beaucoup plus large, sur l'évolution historique de la monarchie au Maroc depuis son instauration.

L'auteur n'hésite pas à nous faire entrer dans les "coulisses" de certains événements politiques et ça aussi j'ai beaucoup apprécié. Ce livre est plutôt accessible, je suis bien placée pour le dire vu que mes connaissances dans ce domaine sont très limitées. En lisant Le dilemme du Roi, j'ai eu parfois l'impression de rattraper mon retard sur l'actualité politique de ces dernières années, comme s'il me résumait tous ces journaux et magazines que je n'ai pas lus... Un bon sentiment de satisfaction de ce point de vue là donc !

J'ai aussi beaucoup apprécié le positionnement de l'auteur, ce livre n'est pas là pour étaler des louanges à la monarchie actuelle, et n'est pas là non plus pour la fusiller de critiques dans tous les sens. Pour une fois, voici un marocain qui aborde des questions pertinentes, en se basant sur des faits qu'il présente avec autant d'objectivité que possible, et qui surtout pousse les lecteurs à la réflexion d'une manière très constructive et mature.

L'auteur a réalisé un nombre important d'interviews avec différentes personnalités politiques et historiens et qui sont là pour alimenter son essai et y apporter des informations qu'on ne trouve peut-être pas ailleurs.

J'ai été surprise à plusieurs reprises en découvrant certains faits historiques ou politiques plus récents... J'ai beaucoup aimé aussi la partie où il présente l'importance de la religion dans la stabilité de la monarchie depuis 13 siècles... Tout est calculé et bien étudié, et rien n'est aussi simple ou innocent qu'il n'y paraît.

Pour résumer, c'est un très bon livre qui mérite d'être lu. C'est aussi une critique de qualité d'un esprit jeune et marocain, deux critères qui manquent cruellement à la "littérature" actuelle. Et puis voici enfin un jeune qui essaie de trouver des solutions et amène de vraies pistes de réflexions, au lieu de critiquer à tout va sans apporter aucune réelle valeur ajoutée.

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