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samedi 5 avril 2014

Lady Susan - Jane Austen

Credits photo : http://chroniqueslitteraires.wordpress.com/2013/09/23/lady-susan-de-jane-austen/

Ça fait toujours du bien de lire un Jane Austen. Encore une fois j'ai passé un très bon moment avec cette nouvelle épistolaire de 117 pages.

Cette nouvelle est un échange de lettres entre un certain nombre de personnages, féminins pour la plupart, comme le sont souvent les personnages d'Austen. Comme dans tous ses autres romans, nous retrouvons les même sujets... mais sa plume est tellement parfaite qu'on ne s'en lasse jamais ! Tout en lisant ces lettres, je me suis souvent répétée que si je savais m'exprimer comme les personnages de Jane, ma vie serait sûrement plus simple. Elle me fascine toujours avec son style élégant, et ses tournures de phrases sobres et pertinentes. On dirait que ses pensées sont toujours très claires dans sa tête... une vraie bénédiction !

Lady Susan est une femme âgée d'environ 35 ans, veuve depuis quelques mois à peine mais qui n'hésite pas à faire preuve de coquetterie auprès d'un ensemble d'hommes plus ou moins jeunes, qu'elle s'amuse à séduire puis à abandonner comme une vieille chaussette. Autant le dire tout de suite, c'est un personnage exécrable... 

On passe un agréable moment avec ce livre trop court, d'ailleurs ça m'a donné envie de sortir un autre Austen un peu plus conséquent.

jeudi 2 mai 2013

Thérèse Raquin - Emile Zola


Mon premier Zola, je ne me serai peut-être jamais décidée à lire un de ses livres si je n'avais été encouragée par la blogosphère. J'ai toujours fui Zola et Balzac, pensant que leur style serait trop soutenu et compliqué pour moi. J'ai découvert Zola aujourd'hui avec ce roman, et je suis contente que ce soit celui-ci.

Thérèse Raquin est le premier roman à succès de Zola, il l'a écrit à l'age de 27 ans, avant de se lancer dans sa série Rougon-Macquart qui compte 20 de ses romans.

Cette lecture a été intense, arrivée aux dernières pages j'avais l'impression que j'allais mourir... J'étais en train de déjeuner, et j'en avais perdu l'appétit. Je suffoquais sous la plume de Zola, et j'avais hâte d'en finir. Je crois que j'ai vécu cette lecture comme une possession, j'étais hantée par ce roman, ses personnages et ses angoisses ! Tout au long de ma lecture, je me demandais dans quelle catégorie je classerais ce roman, maintenant je crois bien que ce sera l'horreur.

Zola nous raconte l'histoire de Thérèse Raquin, une jeune fille métisse, de père français et de mère algérienne, dont elle aurait hérité le côté "sauvage" africain... Confiée par son père dès sa naissance à sa tante, elle grandit auprès de son cousin Camille, un enfant chétif et souvent malade. Elle dut subir une éducation bien singulière, qui l'obligea à refouler sa vraie identité durant plusieurs années... C'est ce côté de l'histoire qui m'a le plus intéressée et passionnée dans le roman.

Elle épousera son cousin "par évidence" mais va très vite sombrer dans l'adultère... Et c'est là où la véritable histoire commence.

J'ai trouvé le style de Zola très ordinaire, ce que je veux dire c'est qu'il n'use pas de mots difficiles comme je le craignais, mais sa plume elle, est loin de l'être. Je crois que son talent réside dans sa capacité à nous prendre par la gorge et nous faire vivre ses personnages d'une façon très dense. Du moins, c'est comme ça que j'ai vécu ma première expérience avec Zola.

J'ai découvert avec Zola le naturalisme, et j'ai bien envie d'en lire d'autres, les 20 romans du Rougon-Macquart pourquoi pas ? D'ailleurs, mon prochain Zola, j'aimerai bien que ce soit La fortune des Rougon.

samedi 27 avril 2013

Fahrenheit 451 - Ray Bradbury


J'ai lu quelques dystopies depuis l'année dernière, et jusqu'à aujourd'hui une chose est sûre, les dystopies classiques sont les meilleures !

Fahrenheit 451 en fait partie, ce classique science-fiction publié en 1953 a commencé à m'intéresser depuis que son auteur est décédé, et que j'ai lu quelques articles à son sujet ici et là, j'avoue. Même si j'en entendais parler depuis longtemps, il ne m'a jamais attirée mais aujourd'hui je suis contente de l'avoir lu.

La préface écrite par Jacques Chambon est magnifique : Il y est aussi et surtout question de l'impérialisme des médias, du grand décervelage auquel procèdent la publicité, les jeux, les feuilletons, les "informations" télévisée. Car, comme le dit ailleurs Bradbury, "il y a plus d'une façon de brûler un livre", l'une d'elles, peut-être la plus radicale, étant de rendre les gens incapables de lire par atrophie de tout intérêt pour la chose littéraire, paresse mentale ou simple désinformation.

Comprenez bien que dès la lecture de cette préface, je sentais déjà le coup de cœur venir et elle me faisait déjà beaucoup penser à 1984, de George Orwell, mais les choses ne se sont pas passées exactement comme ça.

Fahrenheit 451 est un roman plutôt court (234 pages), un peu dense parfois, sombre et surtout visionnaire. Son titre représente la température à laquelle un livre brûle, et c'est bien l'élément principal du monde imaginé par Ray Bradbury. 

Imaginez un monde où les livres deviennent interdits, un monde où le métier de pompier consiste à brûler les livres, les bibliothèques, les maisons contenant au moins un livre et même son propriétaire. Un pompier est sensé éteindre le feu dîtes-vous ? Huh, foutaises !

Imaginez un monde où se balader dans la rue devient interdit, un monde où rouler à moins de 150km/h n'est pas autorisé, un monde où les murs de la salle à manger sont remplacés par des écrans géants transmettant des séries télé et des émissions où les personnages interagissent avec vous, répondent à vos questions et rient à vos blagues. Ils semblent tellement réels, que vous les appelez "famille", ils sont votre "famille" désormais, c'est avec eux que vous passez le plus clair de votre temps, le monde autour de vous n'existe plus, et vous ne vivez plus que dans votre monde virtuel.

Ray Bradbury a imaginé un monde où la poésie est considérée comme une malédiction, tant elle nous fait pleurer et remue nos sentiments. Les poèmes sont le mal. Les essais philosophiques sont un charabia que nul ne comprend. Les romans sont une perte de temps dans des mondes qui n'existent pas. 

Le silence est interdit... réfléchir est devenu interdit.

J'ai adoré comment il a tissé cet univers et à quel point il a poussé la réflexion vraiment loin. C'est un très bon livre, à lire au moins une fois, sans aucun doute.

Complément de mon avis en vidéo


mercredi 30 janvier 2013

Anna Karenine - Tolstoï


Une lecture commencée par hasard pour tester mon Kobo, qui se transforme en premier coup de coeur de l'année ! Ce roman de mille pages est un vrai page turner, on enchaîne les chapitres et on ne peut plus s'arrêter... mieux encore, on n'a plus envie que ça s'arrête !

Je n'avais pas prévu de le lire aussi vite et pourtant il m'a transportée dès la première ligne, si certains ont appris la première phrase de L'étranger de Camus par coeur, pour moi ce sera celle d'Anna Karenine.

"Happy families are all alike ; every unhappy family is unhappy in its own way"
Je l'ai lue et relue plusieurs fois, dès les premiers mots de Tolstoï, j'étais déjà sous le charme. 

On la sent la différence entre un auteur cultivé, philosophe, scientifique et intelligent, et un auteur juste doué et sensible. Tolstoï  a certainement tout d'un auteur accompli. Anna Karenine est un vrai trésor : une histoire captivante, plusieurs intrigues très bien menées, énormément de personnages très bien décrits, très intéressants et bien approfondis. Une véritable encyclopédie et fenêtre ouverte sur la Russie de la fin du 19ème siècle, on en apprend sur la culture de l'époque, la vie quotidienne entre noblesse pétersbourgeoise, moscovite et prolétaires, la place que la religion a commencé à occuper au sein de la société, l'évolution de la politique, l'importance de l'éducation... etc.

Tolstoï est un romancier doué qui sait tenir ses lecteurs en haleine, et un excellent philosophe qui sait faire réfléchir ses disciples tout au long du roman sur une infinité de sujets captivants et essentiels tel que l'existence, Dieu, la justice, l'éducation et l'importance des écoles... ou pas, la foi, l'amour, le bonheur, la mort... etc.

L'histoire en bref : Anna Karenine est une femme qui ne laisse personne indifférent, d'une beauté exceptionnelle, tout le monde tombe sous son charme quelque soit l'age et le sexe. Épouse d'une grande personnalité russe, Alexis Alexandrovich, elle trouve son mari froid et incapable de sentiments, une machine comme elle aime l'appeler. Un mariage de raison conclu trop tôt, elle ne connait l'amour que plusieurs années plus tard, dès qu'elle croise le regard du jeune comte Alexis Wronsky... 

Dans ce roman, j'ai personnellement retenu trois personnages principaux :

Levine : mon préféré, et qui est à mes yeux le véritable héros du roman. Il n'est ni un prince ni un comte, il habite à la campagne et cultive ses terres avec l'aide de ses travailleurs. Il est très cultivé, il lit beaucoup, réfléchit tout le temps, et trouve la vie inutile tant qu'on n'en a pas déchiffré le sens. C'est sa véritable quête tout au long du roman. Il est propriétaire de ses terres et est en même temps mal à l'aise face à cette situation, comment être sûr d'être totalement juste quand il est le maître et possède une équipe qui travaille pour lui. Levine aimerait abolir les classes sociales et les hiérarchies mais ne trouve toujours pas la solution à son dilemme : il aimerait partager ses propriétés avec ses travailleurs, mais il n'aurait plus les moyens de subvenir à ses besoins alors ; il garde tout pour lui et il ne serait pas juste envers ces travailleurs qui travaillent plus dur que lui pour labourer ces terres... Levine est un homme de valeurs, soucieux de mener une existence utile. Il est l'un de mes personnages préférés de tous les temps. Je pourrai parler encore longtemps de lui...

Anna : le personnage que j'ai le plus détesté dans le roman, je l'ai trouvée irresponsable et immature, elle a connu l'amour trop tard et est tombée dans le piège de la fille "trop" amoureuse. Jalousie, angoisse, dilemmes... l'amour la tuera.

Alexis Alexandrovich : j'ai beaucoup aimé et compris ce personnage, mari d'Anna, l'époux trahi... Derrière sa froideur se cache un homme qui souffre, il m'a beaucoup touchée et j'ai eu pitié de lui souvent. Tiraillé entre la religion, ses sentiments et sa notoriété dans la société, son indécision et son manque d’intransigeance envers Anna m'ont énervée plus d'une fois. C'est un personnage très intéressant, et charismatique malgré tout.

Pour mieux apprécier cette lecture : une bonne culture russe et communiste m'aurait permis de savourer ce roman encore plus.

J'ai été conquise par la qualité des échanges et des dialogues de haut niveau de l'époque, ainsi que l'importance accordée à l'éducation alors... 

J'ai adoré la finesse de Tolstoï dans la description de ses personnages, il m'a rappelé Jane Austen et là je me suis dit que les auteurs classiques avaient le don de prendre leur temps en écrivant, mais aussi dans leur vie quotidienne, prendre le temps d'observer les gens, de les analyser et de sans doute s'analyser soi-même.

Une excellente lecture ! A lire !

dimanche 14 octobre 2012

Raison et sentiments - Jane Austen


Mon troisième Austen, mon préféré après Orgueil et préjugés, suivi d'Emma en troisième position. Une plume toujours aussi raffinée, élégante, noble et terriblement perspicace ! Car, qui comme Austen arrive à pénétrer les dessous d'une société avec autant de précision et de justesse ? Sa narration m'impressionne toujours, me laisse fascinée et admirative. Son don de retranscrire les dessous des faits, gestes, pensées et arrières-pensées de ses personnages est à mon avis sans égal ! Elle arrive à décrire les gens et les évènements de la manière la plus claire et complète possible, sans sembler omettre aucun détail.

Raison et sentiments est l'histoire de deux soeurs, Elinor et Marianne. Elinor est une jeune fille très rationnelle, suivant souvent la raison dans ses prises de décisions et jugements. Marianne étant plutôt la jeune fille passionnée et très portée sur les sentiments, n'hésitant pas à juger les personnes la plupart du temps rapidement et en se basant sur ses premières impressions souvent très subjectives.

Nous suivrons alors les histoires d'amour que vivront nos deux héroïnes en parallèle tout au long du livre, ne pouvant nous empêcher durant tout ce temps, de comparer leurs façons d'analyse de situations similaires, leurs façons aussi de les vivre et d'y réagir. Je pense que c'était aussi l'intention d'Austen en écrivant ce roman.

Ce livre m'a beaucoup plu, Jane Austen est parmi les meilleures romancières de tous les temps, entre autres, parce qu'elle est certainement beaucoup plus que cela.

dimanche 25 décembre 2011

Emma - Jane Austen


Mon second Austen après Orgueil et préjugés ! Autant l'héroïne du premier m'inspirait beaucoup d'admiration de par son intelligence, autant Emma m'énervait avec ses manipulations et sa vanité. Il m'a beaucoup ennuyée avec tant de banalités, de discussions sans aucun intérêt et un quotidien très ennuyeux encore une fois. Je ne l'ai lu que par curiosité de découvrir le mode de vie de l'époque et les mentalités courantes et j'ai été bien servie ! Tout n'était qu'en fonction des rangs, des supériorités de certains et de l'infériorité des autres, beaucoup de crédit aux apparences et cette Mrs Elton a fini par m'agacer au plus haut point à la fin du livre !

Bref, pour les amateurs d'Austen ils aimeront sans doute, pour ceux qui détestent être énervés par les personnages comme moi, aimeront beaucoup moins, je pense.

Il y a sans doute une analyse plus approfondie et plus intéressante à mener quant au style d'écriture d'Austen, sa façon de mener l'intrigue, ce lien entre père et fille qu'elle privilégie dans ses romans... etc. d'ailleurs la postface de cette édition du livre est dédiée à cela. 

Score : 3/26


dimanche 4 septembre 2011

Orgueil et préjugés - Jane Austen


Un classique. ça fait combien de temps que je n'ai pas lu de classiques ? Je suis incapable de m'en souvenir, huit ans peut-être... Ce dont je me rappellerai par contre, c'est que ce livre mérite bien ce statut.

Depuis le temps que je lisais les critiques des livres de Jane Austen, autant dire que c'est un parcours sans faute et qui a fait l'unanimité. Sur Livraddict, 136 lecteurs ont noté ce livre et la note moyenne à la date d'aujourd'hui est de 9,05/10 !

J'ai dégusté ce livre comme il se doit, je pense. J'ai été admirative du style d'Austen tout au long de la lecture, et j'ai été très impressionnée par son intelligence, son éloquence, son élégance dans l'écriture, son savoir-être... Il ne serait pas exagéré de dire que je n'ai jamais encore pu apprécier pareil style.

Je l'envie pour cette époque où l'éducation était primordiale et les valeurs morales des personnes suffisaient pour représenter leurs valeurs tout court. 

Je suis tombée amoureuse des mots d'Elizabeth et je donnerai beaucoup pour apprendre à parler et écrire comme elle. Sa pertinence, ses mots toujours bien pesés, toujours calme et maîtresse d'elle-même et de ses manières quelles que soient les circonstances. Ses mots sont toujours réfléchis au maximum... Oui, je l'envie de pouvoir s'exprimer aussi intelligemment, au point de ne jamais regretter ses paroles.

C'est un livre où les dialogues sont parfaits en fait. Un réel bonheur pour l'esprit du lecteur.

Déjà que je déteste le niveau de langue et le vocabulaire de notre époque, Austen n'a fait qu'empirer ce sentiment en moi, et vers la fin de ce livre, je me demandais si je ne serai plutôt pas plus épanouie au sein d'un milieu plus respectueux... dans tous les sens que ce terme peut porter.

Les pensées sont exprimées dans leur globalité, elles sont exprimées exactement comme elles sont pensées, sans omettre aucun angle de vision. Ainsi, même les mauvais messages, qui peuvent vexer ou blesser, sont exprimés d'une façon telle qu'ils sont bien accueillis par leur destinataire et totalement compris.

On sent qu'elle était passionnée d'écriture et prenait du plaisir à écrire. Du moins, elle s'y appliquait parfaitement.

J'ai hâte de lire ses autres lives, Emma est déjà dans ma P.A.L.

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